• F. Coy

Les infos ou intox sur l’alimentation

Voici des extraits de certains articles dont je vous ai trié les contenus les plus justes pour parler de notre alimentation.

Vous êtes de plus en plus en consultation, à me parler des articles ou livres qui parlent de l’alimentation se contredisant les uns avec les autres. Aujourd’hui, il me parait intéressant de vous faire partager des extraits qui sont en accord avec ma pratique de nutritionniste.

INTOX 1 : « Le petit-déjeuner : c’est obligatoire ! »

On a longtemps déconseillé la pratique consistant à ne PAS prendre de petit-déjeuner parce qu’on observait statistiquement que ceux qui prenaient un petit déjeuner étaient en meilleure santé que les autres. Mais on a fini par en comprendre que l’explication était un peu plus subtile… le mode de vie de ceux qui sautaient le petit-déjeuner était « en moyenne » plus malsain : ils fumaient plus, buvaient plus et faisaient moins d’activité physique78. Aujourd’hui, on sait désormais que l’impact du petit-déjeuner dépend des personnes. Certains supportent mal de s’en passer9. D’autres, au contraire, voient leur tour de taille s’améliorer et leur sucre sanguin se stabiliser, grâce à ce « jeûne intermittent » de 20h du soir à 12h le lendemain. Le mieux est donc de suivre votre instinct et/ou de faire l’expérience pendant un temps : ressentez-vous le besoin de manger le matin ? Est-ce un plaisir ou une obligation ? Comment vous sentez-vous dans la journée ?

INTOX 2 « Jeûner…ça ne sert à rien ! »

Sauter le petit-déjeuner est donc un « jeûne intermittent », mais qu’en est-il du jeûne prolongé ? Là encore, si on écoute certains, ça ne sert à rien : Le jeûne, « C’est faire le plein de vide ! Pour quels résultats ? Aucun ! » s’énerve encore Michel Cymès.10 Ah ? C’est pourtant une constante de l’histoire de l’humanité, puisque tous les grands courants religieux recommandent le jeûne : yom kippour dans la religion juive, le ramadan chez les musulmans. Pour les yogis, le jeûne est un acte de purification et pour les chamans une étape dans la quête de la « vision ». Il est aussi une pratique courante pour les chrétiens, et dans la Bible sont mentionnés des jeûnes de trois sept, ou quarante jours. Mais le jeûne, comment ça marche ? Le corps humain a la capacité, lorsque la nourriture lui manque, de convertir les lipides (graisses) en énergie. Ces lipides sont « dégradés » en corps cétoniques, notamment en « bêta-hydroxybutyrate », une substance utilisée par le cerveau lors d’une carence en glucose. Il faut savoir que les corps cétoniques sont la seule substance énergétique, avec le glucose, qui peut être utilisé par notre cerveau, notre cœur et nos muscles, pour fonctionner. Point intéressant, découvert par les chercheurs de la Harvard Medical School : « des études ont montré que le bêta-hydroxybutyrate n’est pas une source d’énergie comme les autres, mais une super source d’énergie, qui protège les neurones lorsqu’ils sont exposés, dans des cultures tissulaires, à des toxines associées aux maladies d’Alzheimer ou de Parkinson »11!! Les scientifiques ont découvert que que le bêta-hydroxybutyrate stimule l’effet des antioxidants, augmente le nombre de mitochondries (qui fournissent l’énergie nécessaire aux cellules) et favorise la prolifération des neurones. D’autres recherches ont également montré que le jeûne avait des effets positifs sur l’immunité, la perte de poids, la dépression, le diabète et la préservation de la masse musculaire. Le jeûne est donc une réponse particulièrement efficace à ces pathologies du « trop » qui abîment nos organismes : allergies, rhumatismes, maladies auto-immunes, hypertension, diabète, cancers, dégénérescence cérébrale…et qui ont toutes un lien direct avec l’alimentation ou l’exposition à des produits chimiques cependant il doit être encadré.

INTOX 3 : « Le bio n’est pas meilleur pour la santé »

Chaque jour en France, un agriculteur « passe au bio ». Des journées de « conversion au bio » sont régulièrement organisées.

Et c’est tant mieux !

Car n’en déplaise aux « bio-sceptiques »1, les études montrent que l’agriculture bio revitalise les sols et tout leur écosystème. Avec des conséquences positives pour la santé.

Une étude parue dans le British Journal of Nutrition2 a montré que les produits issus de l’agriculture affichaient jusqu’à 50 % d’antioxydants en plus que ceux de l’alimentation conventionnelle, en particulier dans les fruits.

Mais ils ont aussi :

· Une teneur plus élevée en vitamine C

· Concernant les minéraux : les teneurs dans les produits bio sont plus importantes de 95% en molybdène, de 5% en zinc et de magnésium.

· Une teneur moins importante en métaux lourds et résidus de pesticides :48% de cadmium et 30% de nitrates en moins. En moyenne, les teneurs en résidus de pesticides seraient 4 fois moins importantes dans les produits bio !

Le mieux est que les études ont montré que lorsqu’on se met à manger bio, nos niveaux sanguins de pesticides commencent à décliner en moins d’une semaine34 !!

C’est peut-être là une partie de l’explication des résultats sensationnels publiés par une équipe de recherche Française de l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), qui vient de montrer que manger bio diminuait de 25 % le risque de cancer !

Explication de Denis Lairon, directeur de recherche :

« On sait depuis longtemps que les produits bio sont souvent plus riches en nutriments, qu'ils ont moins, voire aucun résidu de pesticides, mais on ne connaissait pas leur impact sur la santé. «

« Nous avions déjà montré que chez les jeunes qui consomment plus de bio, il y a moins de risque d'obésité et de diabète. Mais sur le cancer, il n'y avait qu'une étude anglaise rudimentaire publiée il y a quelques années. La nôtre est la première étude approfondie sur le sujet ». 5

L'étude porte sur 70 000 participants - dont 78 % de femmes – parmi lesquels 1300 cas de cancers ont été étudiés.

Pour la première fois, les chercheurs ont réussi à prendre en compte la diversité des facteurs de risque pouvant impacter cette relation entre alimentation bio et cancer (poids, antécédents familiaux, tabagisme, niveau d'éducation, etc.).

Et ils ont établi une corrélation entre la consommation d'aliments bio et la réduction du risque de cancer, tous types confondus. Cette réduction du risque était d'autant plus importante pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées d'une part (-34%) et les lymphomes d'autre part (-76%) car ils sont particulièrement liés au niveau d’exposition aux pesticides. Chaque fois que vous aurez à choisir entre un aliment bio et un aliment industriel - ou issu de l’agriculture conventionnelle - dites-vous que vous faites pencher la balance un peu plus d’un côté…ou de l’autre.

Et alors, le prix incontestablement plus élevé de l’alimentation bio prend un sens nouveau6.

Mensonge 5 : « Les œufs ? Euh…d’accord, mais pas trop quand même»

C’est la nouvelle rengaine à la mode pour continuer à entretenir le flou sur les œufs. Comme si « d’accord, les œufs avaient réussi leur examen de rattrapage, mais qu’il fallait les avoir à l’œil… »

Accusés à tort d’augmenter le taux de cholestérol dans le sang et de favoriser les maladies cardiaques, puis innocenté dans cette affaire en 2013 789, on a tenté de leur coller sur le dos un autre crime, celui d’entretenir des relations plus que douteuses avec Alzheimer.

Mais là non plus, sans succès.

En effet, des chercheurs finlandais ont suivi les habitudes alimentaires de 2500 personnes pendant 22 ans, ont constaté qu’il n’avait aucun lien entre la consommation d’œufs – plus généralement du cholestérol alimentaire, présent dans le jaune – et le risque de souffrir de troubles de la mémoire ou de démence.

Les conclusions de leur étude indiquent même tout le contraire : parmi les participants, ceux qui mangeaient régulièrement des œufs ont obtenus, sur certains tests cognitifs, des résultats supérieurs à ceux qui n’en mangeaient pas10 !

Une autre étude, portant sur 4 millions de personnes !!! est parue récemment dans le British Medical Journal, et a de nouveau conclu que manger un œuf tous les jours n'augmente en rien le risque de maladie cardiaque et peut même baisser le risque d'attaque cérébrale (AVC), sauf pour les personnes diabétiques.

Le jaune d'œuf est également riche en lutéine et en zéaxanthine, deux antioxydants qui protègent les yeux contre la cataracte et la dégénérescence maculaire.

En pratique, à moins d’avoir des problèmes de santé spécifiques (hypercholestérolémie, diabète), vous ne prenez aucun risque à consommer deux œufs (bio) tous les jours.

INTOX 6 : « Les compléments alimentaires ça ne sert à rien »

Le chercheur américain Brian Halweil, du Worldwatch Institute, est le premier à avoir évoqué le concept de « calorie vide » Une calorie vide, c’est-à-dire grasse, sucrée, inutile, voire dangereuse pour la santé11.

C’est ce qui s’est passé avec les fruits, légumes, viandes, qui ont depuis des années perdu presque tout nutriment.

Tout s’est passé en sous-sol, sans qu’on y voit rien.

Lorsque les industriels de l’agro-alimentaire ont cherché à tirer le maximum de rentabilité du sol.

Comme ils l’ont fait avec les machines, comme ils l’ont fait avec les hommes, ils l’ont fait avec la terre. Ils l’ont asphyxiée massivement d’azote, de phosphore, d’engrais, pour la faire « cracher ».

Un déluge de pesticides a contaminé les sols et détruit la vie microbienne. Les aliments se sont appauvris un peu plus chaque année.

Jusqu’à en mourir, ou presque.

« Les teneurs en vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisées par 25, voire par 100, en un demi siècle »12.

Prenons l’exemple de la pomme.

« Hier, quand nos grands-parents croquaient dans une transparente de Croncels, ils avalaient 400mg de vitamineC, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. »

« Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4mg de vitamineC » 13

De son côté, la vitamineA est en chute libre dans 17 des 25 fruits et légumes scrutés par des chercheurs canadiens dans une étude !

Le déclin est absolu pour la pomme de terre et l’oignon qui, n’en contiennent plus le moindre gramme.

Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens en vitamine A. Aujourd’hui il faudrait en manger 21 pour arriver au même résultat.

Mais qui le sait ?

Et surtout qui le FAIT ?

Le résultat est que nos organismes ne sont plus armés.

Les carences sont massives :

· Pour la vitamine E, près de 40 % des femmes et 20 % des hommes

· Pour la vitamine C, 27 % des femmes et 17 % des hommes

· Pour le magnésium, 23 % des femmes et 18 % des hommes

· Pour le zinc, 57 à 79 % des femmes et 25 à 50 %des hommes

· Pour la vitamine D, en hiver, 80 à 90 % des individus.

Etc.

Aujourd’hui, les chercheurs estiment 30 à 40 % des cancers seraient dus à ces « erreurs » d'alimentation.

Et c’est pourquoi la prise de compléments alimentaires est tout sauf une « lubbie » : multivitamines, vitamine D, oméga-3, magnésium, probiotiques, prébiotiques, etc. peuvent être déterminants pour être en bonne santé.

Article extrait de Gabriel Combris

Sources :

[1] http: //sante.lefigaro.fr/actualite/2012/09/06/19003-bio-nest-pas-meilleur-pour-sante

[2] Br J Nutr. 2014 Sep 14;112(5):794-811. doi: 10.1017/S0007114514001366. Epub 2014 Jun 26. Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses.

[3] Oates L, Cohen M, Braun L, Schembri A, Taskova R. Reduction in urinary organophosphate pesticide metabolites in adults after a week-long organic diet. Environ Res. 2014 Jul;132:105-11.

[4] Bradman A, Quirós-Alcalá L, Castorina R, Aguilar Schall R, Camacho J, Holland NT, Barr DB, Eskenazi B. Effect of Organic Diet Intervention on Pesticide Exposures in Young Children Living in Low-Income Urban and Agricultural Communities. Environ Health Perspect. 2015 Oct;123(10):1086-93.

[5] https: //www.ladepeche.fr/article/2018/10/24/2894348-alimentation-bio-ce-que-disent-les-chercheurs-francais.html

[6] https: //www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/8068/bio-coute-t-il-vraiment-plus-cher

[7] A. Soriano-Maldonado, M. Cuenca-García, L. A. Moreno, M. González-Gross, C. Leclercq, O. Androutsos, E. J. Guerra-Hernández, M. J. Castillo y J. R. Ruiz. Ingesta de huevo y factores de riesgo cardiovascular en adolescentes; papel de la actividad física. Estudio HELENA. Nutrición Hospitalaria, 2013.

[8] Rong Y , Chen L , Zhu T , Song Y , Yu M , Shan Z , et al., Egg consumption and risk of coronary heart disease and stroke: dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. BMJ 2013;346:e8539.

[9] J. K. Virtanen, J. Mursu, H. E. Virtanen, M. Fogelholm, J. T. Salonen, T. T. Koskinen, S. Voutilainen, T.-P. Tuomainen. Associations of egg and cholesterol intakes with carotid intima-media thickness and risk of incident coronary artery disease according to apolipoprotein E phenotype in men: the Kuopio Ischaemic Heart Disease Risk Factor Study. American Journal of Clinical Nutrition, 2016.

[10] M PT Ylilauri, S Voutilainen, E Lönnroos, J Mursu, H EK Virtanen, T T Koskinen, J T Salonen, T-P Tuomainen, J K Virtanen. Association of dietary cholesterol and egg intakes with the risk of incident dementia or Alzheimer disease: the Kuopio Ischaemic Heart Disease Risk Factor Study. The American Journal of Clinical Nutrition, 2017

[11] https://organic-center.org/reportfiles/YieldsReport.pdf

[12] https: //dr-rueff.com/

[13] https: //www.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20150126.RUE7557/une-pomme-de-1950-equivaut-a-100-pommes-d-aujourd-hui.html

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